10/11/2007

VIII Congres de SOS Racisme

Après la formidable mobilisation de SOS Racisme contre l'amendement ADN de la Loi immigration de Brice Hortefeux (300 000 signataires), SOS Racisme a tenu son VIIème congrès.

Une nouvelle génération militante était présente à côté "des anciens", des comités de Toute la France qui mènent chaque jour des actions pédagogiques et citoyennes (interventions en milieu scolaire et dans les quartiers, aide juridique, lutte contre les discriminations et la ghettoisation...) et un formidable message : VIVRE ENSEMBLE  est possible et indispensable.

L'avenir de la société française est à la solidarité ét au métissage. La République doit s'ouvrir à ses Citoyens français trop souvent stigmatisés et/ou discriminés. Il est plus que temps de tenir compte de la réalité : les enfants d'immigrés ne quitteront pas la France et sont intégrés dans de nombreux pans de la societé.

il convient de refuser la logique du ghetto, de la discrimination positive (qui hormis la constitution d'une élite laisse la majorité dans la mouise), il faut reconstruire un projet porteur d'espoir. A defaut, le communautarisme risque d'apparaitre comme la solution idéale.

3 jours de debats et de réflexions sur l'avebnir de SOS Racisme et des nouveaux combats à mener pour obtenrir l'EGALITE.

Une nouvelle équipe a été élu avec pour mission de mettre en oeuvre une nouvelle orientation et dynamique, nouvelle équipe à laquelle j'aurai le plaisir de participer.

Dominique Sopo a été réelu Président, Samuel Thomas a été réelu Vice-Président.

01/06/2006

Fete d'arrondissement

 

TOURNOI CONTRE LE RACISME ET LE COMMUNAUTARAISME 

A l’initiative de l’association J2P et de l’association SOS Racisme 19ème est né le projet d’organiser un grand tournoi de football sportif, en direction d’un public large (à partir de 12ans), sur le territoire du 19ème arrondissement de Paris. Ce tournoi sera la 8ème étape du Tour de France des tournois de football pour la tolérance, mis en place par SOS Racisme dans le cadre de sa campagne de lutte contre le racisme dans le football tant au niveau professionnel, qu’amateur. A l’occasion de la Coupe du monde 2006, l’objectif est de mobiliser un grand nombre d’associations sportives et d’autres du 19ème arrondissement de Paris autour d’un événement sportif et culturel fort : le football.Les deux axes du projet sont d’une part la valorisation des associations locales qui œuvrent au quotidien avec les jeunes et les personnes en difficultés du 19ème.D’autres part, il s’agit de sensibiliser les amateurs de football – licenciés amateurs, spectateurs, supporters, entraîneurs, dirigeants – au fléau du racisme qui a envahi le football tant professionnel qu’amateur et de prouver que nous sommes définitivement majoritaires à vouloir « vibre et vivre tous ensemble ».

En outre, il nous parait important d’organiser un tel événement festif au cœur du 19ème arrondissement de Paris.

En effet, cet arrondissement populaire du Nord Est Parisien brasse des publics très divers.

Or, malgré la forte mixité sociale et ethnique de l’arrondissement, l’on peut observer depuis quelques années le développement de frictions communautaires et une certaines communautarisation y compris des clubs de football amateurs ; un tel événement sera l’occasion de renouer le lien social et d’affirmer notre volonté de préserver la mixité.

 

Le tournoi se déroulera les 8 et 9 juillet 2006 au Stade Jules Ladoumègue situé porte de Pantin, à partir de 10h jusqu’à 18h.Le 9 juillet de nombreux stands associatifs de l'arrondissement seront présents.

Eléments pratiques : Tous les participants au tournoi devront s’être inscrits par équipe auprès du secrétariat de l’association J2P.L’âge minimal de participation à ce tournoi est fixé à 12 ans. Selon l’année de naissance des participants, ils évolueront autour de trois poules :12 / 14 ans ;15 / 17 ans ;18 ans et plus. Chaque équipe comportera 10 joueurs. 7 joueurs et 3 remplaçants. 

Les inscriptions des équipes se dérouleront dans les locaux de l’association J2P au 28 rue Petit 75019 Paris à partir du 24 mai 2006 jusqu’au 30 juin 2006. A concurrence de 24 équipes participantes.

Tous les mercredis de 10h à 12h et les vendredis de 17h à 19h.

Comptant sur votre participation.

16/05/2006

Ma France à Nous

Histoire et mémoires partagées

SOS Racisme Paris XIXème  travaille depuis des années sur les questions de mémoire. Aujourd’hui le partage des mémoires et l’élaboration de projets communs malgré les différences est une priorité pour lutter contre le racisme et la montée des replis communautaires.

SOS Racisme Paris XIXème  organise pour la deuxième année un concours sur le thème histoire et mémoires partagées auprès des jeunes du 19ème arrondissement de Paris.

Près de 150 travaux ont été recueillis, la présentation des meilleures œuvres et la remise des prix aura lieu en présence du jury, des participants, d’éducateurs et parents ainsi que du Senateur-Maire du 19ème :

Mercredi 17 mai 2006

A 18h00

Mairie du 19ème

Salle des Mariages

1-5 Place Armand Carrel 75019 Paris. Métro : Laumiere.



17/04/2006

Une victoire sans précédant pour SOS Racisme.

Paris, le 14 Avril 2006 - Procès du Cap d’Agde :

 

Aujourd’hui, SOS Racisme vient d’obtenir une victoire sans précédant dans le procès qui l’opposait à l'office du tourisme du cap d'Agde poursuivie pour discrimination.

 
En effet, le Tribunal Correctionnel de Béziers a condamné l’office du tourisme à 20 000 euros d’amende et Mme Praz, responsable des réservations, à 15 jours de prison avec sursis et à 6500 euros de dommage et intérêts pour SOS Racisme.
 
L’office du tourisme du Cap d’Agde opérait une discrimination systématique mise en place de manière codée à l'encontre de dizaines de milliers de touristes d'origine maghrébine entre 1995 et 2003.
 

C'est la première fois en France qu'un tel établissement public est condamné pour avoir mis en place un système de discrimination.

 
La discrimination est un délit pénal, il faut la dénoncer, la combattre par tous les moyens. Si vous êtes victime de racisme, d‘antisémitisme ou de discrimination contactez SOS Racisme 19ème : 51 avenue de Flandre 75019 Paris. 01.40.35.36.55.
sosracisme75019@yahoo.fr
 

09/04/2006

ETATS GENERAUX POUR L'EGALITE

Suite aux émeutes urbaines et aux nouveaux débats de la socièté française sur les discriminations, les ghettos le racisme... bref, le vivre ensemble ; SOS Racisme organise à partir du 18 mars 2006 des Etats Genraux pour l'Egalité.

SOS Racisme XIXème déclinera cette initiative sur notre arrondissement afin de débattre, et confronter les idées et diagnostics quant à l'évolution de notre Ville.

D'ors et déjà deux thèmes sont amorcés :

- La lutte contre les discriminations à l'emploi

- Ghettos et communautarisme

SOS Racisme receuille dès maintenant vos contributions : sosracisme75019@yahoo.fr

 

20/03/2006

RIRE CONTRE LE RACISME III

L’UEJF et SOS Racisme ont décidé de fixer la date de la 3ème édition du spectacle Rire contre le racisme au Zenith de Paris au lundi 3 juillet 2006.
Retrouvez nous autour d’Ariel Wizman, Michel Boujenah, Smaïn, Florence Foresti, Anne Roumanoff, Bruno Salomone, Cartouche, Cyril Hanouna, Rachida Khalil, Raphael Mezarhi, L’as de Rire, Mouss Diouf, Mamane… Avec la participation exceptionnelle de 113 !

Les Places sont en vente dans tous les points de vente habituels et sur www.rirecontreleracisme.fr

Le Zénith de Paris
Porte de Pantin
Cité des Sciences
75019 Paris

Nous espérons vous voir nombreux le 3 juillet pour faire taire le racisme dans un grand éclat de rire !

12/09/2005

CASSER LES GHETTOS !

Des milliers de Français issus de l’immigration sont intégrés à la société française : ils travaillent, payent des impôts, votent... mais subissent jours après jours humiliations sur humiliations. Le modèle Républicain où chacun à sa place quelque soit ses origines est en péril. Le ghetto devient l’horizon indépassable : ce qui en ont les moyens le quitteront, les autres sont condamnés à y crever.

Vous le savez : chercher du boulot en s’appelant Mohammed ou en habitant « une cité chaude » est plus difficile que pour Jean Pierre habitant un quartier résidentiel. Vous n’êtes pas convaincu, vous croyez que c’est aussi dur pour tout le monde, alors que pensez vous des loisirs. Un jeune français un peu bronzé n’a pas le droit de faire la fête avec ses ami(e)s blacks blancs beurs en boite de nuit, "c’est pas qu’on est raciste mais « ces gens là ils attirent les problèmes »"…

On y peut rien ? Les patrons sont libres de choisir leurs employés, les patrons de boîtes leurs clients… Et bien non sachez que les discriminations sont un délit, mais que les procureurs refusent de poursuivrent et que les policiers se déplacent rarement pour ce genre de délits. Une infraction à caractère raciste contre ces citoyens de la République ça compte si peu.

Alors que font les Socialistes ? Après les mobilisations et les victoires (camera cachée, constats d’huissiers, condamnations d’entreprises, de boîtes de nuits… ) des jeunes de quartiers contre la discrimination raciale, le gouvernement Jospin a mis en place un groupe d’étude et de lutte contre les discriminations, un numéro vert (114), et Claude Bartolone a fait un testing (il a accompagné des jeunes typés et a constaté leur refoulement), mais n’a pas porter plainte contre l’établissement en question. Vous me direz c’est un bon début, il y’a une prise de conscience, certes, mais à quand des mesures efficaces avec pour objectif l’égalité.

Et oui l’égalité, c’est archaïque peut être mais c’est ce que les victimes de discriminations attendent. Un traitement égalitaire dans tous les secteurs de la société, et c’est à l’Etat de montrer l’exemple. Ainsi, le nouveau Ministre Socialiste de l’intérieur, notre camarade Daniel Vaillant, a la responsabilité de faire respecter les principes républicains par les fonctionnaires de police.

Et notre Congrès dans tout ça, et bien force est de constater que seule la gauche socialiste a compris l’enjeu de la lutte contre les discriminations en affirmant d’entrée de jeu sa volonté de casser les ghettos (7 jours de la vie d’ATTIKA) ; Mieux elle offre une méthode, des propositions et des moyens de renverser la situation.

En effet, on brisera le racisme quotidien en se fixant des objectifs à la mesure de l’urgence sociale et en mettant en œuvre la fameux plan Marshall seul instrument global capable de fournir des investissements massifs pour changer la vie de nos quartiers.

Mahor CHICHE

Article parut dans le journal Jean Jaurès.

 

 

11/09/2005

L'EUROPE et le DJIHIADISME

Radical Islam sows its seed in Europe's fertile soil

Recruiters home in on cities where a sense of alienation has created a pool of disaffected young Muslims, DOUG SAUNDERS reports

By DOUG SAUNDERS
Saturday, September 10, 2005
PARIS - At a pleasant café in this downtrodden corner of Paris, Mahor Chiche interrupts the conversation to point to a bald, bearded, tunic-wearing teenager passing on the sidewalk. "Look," he says, "there's a Moussaoui."
The 30-year-old law student was born to Tunisian parents in this tough neighbourhood, and he knows the particularities of its dress code. Such young men, he explains, model their appearance after Zacarias Moussaoui, the immigrant to France who was charged with being the would-be 20th hijacker in the Sept. 11, 2001, attacks.
Mr. Moussaoui, to a surprising number of young French men here in the 19th district of Paris, is a role model. We know this not just because so many French teenagers here from moderate or non-religious North African families are now sporting the beards and tunics of the true believer and attending 5 a.m. prayers at fringe mosques, but also because many of them have followed more directly in the footsteps of their al-Qaeda role models.
In the past few months, at least eight young French-born men from this district have blown themselves up in Iraq. Another is believed to be the leader of a cell of insurgents within Iraq. A number have been arrested on their return from Iraq, and authorities believe they were planning to commit terrorist attacks within Europe.
Four years ago this weekend, the grubbier neighbourhoods of European cities produced an unprecedented threat to the world, after a Hamburg-based group of young North African and Middle Eastern immigrants organized the Sept. 11 attacks.
That first wave of al-Qaeda terrorists were all immigrants from Muslim countries to Europe or North America; they included Canadian terrorists such as Ahmed Ressam, the young Algerian man now in jail for trying to bomb the United States on Jan. 1, 2000.
But something has changed dramatically in the past four years. Across Europe, and possibly in North America, the new Mohamed Attas are coming not from immigrant enclaves, not from people raised in Muslim countries where religious extremism is part of the political culture. They are native-born citizens of their host countries, fluent in its language and culture, usually from families that are neither impoverished nor religious.
As the popularity of radical Islam has declined dramatically in Muslim countries -- not a single international terrorist figure has emerged from Iraq, Afghanistan or Palestine in the past four years -- it is becoming a fully European force in France, Britain, Spain, Germany and the Netherlands, forged in the bland concrete housing projects that ring the cities of Europe.
"It's not the ones from religious families who are turning into jihadists," said Rosa Tandjaoui, the daughter of Algerian and Tunisian parents who owns a bookstore here in the 19th district and whose children attend the same schools as the French suicide bombers.
"It's people from families like mine -- secular, patriotic French, educated. I worry about my son a lot -- I hope he doesn't become religious, and I will never let him go to prayers by himself. I've seen what happens to them."
At the centre of this neighbourhood are several complexes of huge apartment buildings, 22 to a block. At the centre of one of those blocks yesterday, a group of young Muslims leaned against the wall, passed around a joint and passed the time -- about the only activity available for a great many young men around here. Unlike their parents, they are not struggling in casual labour to build a future: They feel fully French, own name-brand clothes and have everything but a future. They discussed rap music and the forces that had turned several of their friends into jihadists.
"You can tell when they've gone over, because they were delinquents and all of a sudden they start acting very good, going to church, not smoking the hashish," said Mehdi, 21, whose parents came from Mali. "And they get really strict, telling people that they're infidels if they don't go to the mosque. They're being told things that sound really good -- it's like a cult."
The 19th district was once a surprisingly harmonious place, with halal and kosher butchers happily sharing sidewalk space. Then something abruptly changed.
Many people here say that occurred two years ago, when the leadership of the largest mosque was taken over by Algerians who had been members of the Islamist insurgency there. Others say it was the arrival of recruiters -- severe men in beards and tunics -- who set up a string of Middle Eastern sandwich shops along one street.
"Radicals are getting control of the mosques, it's true, but these are kids who don't even go to the mosque," said Mr. Chiche, who has formed a group to oppose extremist influences in the 19th district.
These listless and naïve youngsters, he explains, end up "buying the salad," to use the local expression.
"So this man comes to visit, from a Muslim group, and he sets up in the back room of one of the halal sandwich places - you get the sandwich for free, and then you get the intellectual salad on top of it. So he sells his salad -- and the young man has had no idea of these concepts; they sound good, so he eagerly embraces it."
French scholars of Islamic society now argue that radical Islam, which began as an export from the Middle East and Africa, is now an entirely European product, utterly devoid of links with actual Muslim countries.
"There is a kind of pan-European underclass that has formed, of young Muslim European citizens who have no real links with either European society or any real Muslim societies," said Farhad Khosrokhavar, a professor at Paris's School of Advanced Studies in Social Sciences who has recently compiled his field work in Muslim extremist communities in a book titled The New Martyrs of Allah.
"Across Europe, there are similar patterns of this exclusion -- in France in these cites [housing projects], in England in poor inner cities. They feel that this exclusion is not really economic, but cultural."
The recruiters move across Europe, homing in on cities where the deprivation seems to have created the largest numbers of disaffected young Muslims.
The Muslim community centres of Leeds seem to have been deliberately targeted. And many people here in the 19th district say that the recruiters arrived en masse, in what seems to have been a deliberate experiment in radicalizing a whole generation. They work fast: It only takes two or three days, people say, to turn someone's head around. Within months, they can be blowing themselves up in Iraq - or in London.
"This gives birth to a kind of imagination that is very disconnected from the reality of Muslim countries," said Prof. Khosrokhavar. "These recruiters construct an imaginary world of Islam. It is globalized, refashioned, and not referring to the actual reality of Muslims in the world. . . "
The response has varied. In Britain, the government has declared an end to its policy of multicultural tolerance. In the Netherlands, the population lashed out at Muslims. And here in France, there is a very serious proposal to start building government-funded mosques with government-trained and certified imams, as a typically French way to bring Muslim youths more closely into French society.
In the 19th district, the guys who escaped the lure of the recruiters look askance at this.
"These guys, the jihadists and extremists, are making it bad for all of us -- they're telling Europe that all of us blacks and Muslims are people who could turn into suicide bombers at some point," Mehdi said. "There's no point having government mosques or anything like that - it's up to us, here in the projects, to do something about this. We have to show them a better path."

                           Article paru dans : Globeandmail.com, journal canadien anglosaxon.
 
 

08/09/2005

Dans le XIXe arrondissement de Paris, on recense un quart des actes antisémites commis à Paris.

«LE SAMEDI après-midi, c'est Jewish Land aux Buttes-Chaumont», constate amusé Edouard Taieb, un juif du XIXe arrondissement de Paris, qui a vu évoluer le quartier ces dernières années. «Des loubavitchs à grands chapeaux, des filles en jupes longues, et tous les autres religieux qui respectent le sabbat et viennent passer le temps.»

Depuis l'arrivée des Juifs du Maghreb dans les années 70 et notamment ceux venus de Djerba, sans le sou, parlant l'arabe à la maison et fort respectueux des traditions, cet arrondissement populaire n'a cessé de voir s'installer des écoles juives, des synagogues et des commerces casher. On compte aujourd'hui près de cinquante lieux de culte juifs, des crèches communautaires et certains immeubles, qu'ils soient privés ou HLM, rassemblent essentiellement des familles juives. A partir des années 90, les loubatvitchs, ces orthodoxes facilement reconnaissables avec leurs costumes sombres, sont arrivés dans les HLM. Ils auraient bénéficié d'un accord tacite avec la mairie de Paris dans les années 90, favorable à ces religieux censés ne pas poser de problème d'ordre public. L'installation d'une vaste école loubavitch rue Petit a depuis renforcé la dynamique. Les familles fuyant les banlieues exposées se sont installées à côté, favorisant l'ouverture de nouveaux commerces communautaires, selon un processus qui n'est pas propre aux Juifs et que l'on peut observer pour les Indiens dans le Xe ou les Asiatiques dans le XIIIe.

«La communauté est une protection»

Ce regroupement menace cependant la mosaïque du XIXe d'antan regrette Mahor Chiche,

 

élu PS, qui dénonce sans relâche les risques de communautarisme.

 

Il y a tout juste vingt ans, juifs des milieux populaires et immigrés vivaient bien souvent sur le même palier : «J'ai grandi rue de Tanger, à côté de la mosquée», raconte Stéphane Melloul, boucher casher rue Manin. «Mes meilleurs copains sont arabes. Aujourd'hui, ce n'est plus possible, regrette-t-il. Que s'est-il passé entre notre génération, et les petits jeunes d'aujourd'hui qui se voient comme des ennemis ?» Les adolescents ont maintenant envie d'en découdre : «Ils ont le crâne bourré d'images de Palestine.» Et maintenant, chacun vit dans son coin : «La peur a regroupé les Juifs. La communauté est une protection.»

Cités sensibles et zones prospères

Mais ce rassemblement expose aussi. Dans une zone hérissée de cités difficiles, les poches de prospérité, ou perçues comme telles, attirent les convoitises et les ennuis. Un quart des actes antisémites relevés par la police en France se déroulent dans cet arrondissement. Au bout de la rue Petit, là où le quartier juif rencontre l'autre XIXe, une pizzeria casher est régulièrement attaquée. La rue Manin et ses restaurants communautaires concentrent les vols et les accrochages. «J'entends des insultes quotidiennement. Tous les jours, nos jeunes sont attaqués, assure Philippe Chikli, 37 ans, patron de Pap Yeouda, un fast food. L'antisémitisme ne régresse pas. Simplement les gens ne portent plus plainte, car ils savent que c'est inutile», poursuit-il, réfutant les chiffres officiellement en baisse en 2005. Bien qu'il parle l'arabe, emploie «Noirs, Algériens, tous ceux qui veulent travailler», dans son restaurant, il ne croit plus au mélange et place ses enfants à l'école juive, comme tous ses amis, «sinon, ils se font massacrer».

Juste en face, dans son salon de thé où grands-mères séfarades et enfants viennent passer les après-midi, Samuel Atlan couve ses clients du regard : un petit monde chaleureux, confortable, mais aussi en voie d'extinction, selon lui. «La communauté n'a plus sa place ici», croit-il.

Le Figaro, 21 février 2006

Cecilia GABIZON

26/04/2005

Filieres irakiennes et communautarisme

SOS contre l’intégrisme dans le 19e

Vendredi 18 février 2005

Quelle est l’ampleur du phénomène islamiste dans le 19e ? Après le décès et l’arrestation, ces six derniers mois, de plusieurs jeunes de l’arrondissement partis combattre en Irak, le comité local de SOS Racisme demande la mise en place d’une « cellule de veille » sur la « montée du communautarisme ».

« Depuis un an, nous avons créé un pôle d’observation qui a décelé le développement de l’intégrisme musulman sur le 19e », affirme Mahor Chiche, président du comité local. « On a vu des jeunes porter la tenue afghane au lieu de la djellaba traditionnelle, de plus en plus de demandes de parents pour qu’on serve à leurs enfants des repas spécifiques à l’école, la multiplication d’actes antisémites... », énumère le responsable. L’association note aussi que dans certaines cités de l’arrondissement, les dealers ont disparu pour laisser la place à des prêcheurs venus de l’extérieur.

« Les jeunes qui partent en Irak sont les cas les plus extrêmes, admet Mahor Chiche. Mais il faut que la mairie, la préfecture et les associations travaillent pour restaurer la République afin d’éviter que l’arrondissement ne soit le théâtre de phénomènes ultra-violents. »

Premier adjoint au maire du 19e, François Dagnaud (PS) refuse que son arrondissement passe pour un « repaire d’intégristes ». Selon lui, l’embrigadement de « quelques jeunes gens » reste « marginal et comparable à un phénomène sectaire ».

Il reconnaît toutefois la hausse des phénomènes pointés par SOS Racisme. « Nous dirons “oui” à toute initiative républicaine, assure-t-il. Malheureusement, certaines pratiques ne sont pas illégales. »

Grégory Magne

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