Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

culture

  • Les patrons du 104 jettent l'éponge

    Le 104 cherche un nouveau capitaine. Un an après l'ouverture de ce lieu de résidence artistique, situé dans le 19e arrondissement de Paris, pôle emblématique de la nouvelle politique culturelle de la Mairie, ses deux directeurs jettent l'éponge. Jeudi 12 novembre, lors du conseil d'administration du 104, les metteurs en scène Robert Cantarella et Frédéric Fisbach ont annoncé qu'ils ne souhaitaient pas demander le renouvellement de leur mandat qui arrive à échéance, en mars 2010.

    "La Ville de Paris nous annonce une baisse de la subvention. Ce qui signifie que nous devrions encore diminuer la part du budget dédiée aux artistes. Avec Frédéric Fisbach, nous ne savons pas faire. Déjà, ces derniers mois, il nous était difficile de ne donner que le minimum aux artistes en résidence", a expliqué Robert Cantarella, à l'issue du conseil d'administration.

    MM. Cantarella et Fisbach estimaient au contraire qu'il fallait développer les moyens du 104 à hauteur de 2 millions d'euros, pour permettre à l'établissement de remplir ses nombreuses missions : outre la création artistique, la transmission au public, la démocratisation culturelle, etc.

    Adjoint à la culture du maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), et président du conseil d'administration du 104, Christophe Girard a ouvert la séance en rendant hommage aux deux directeurs du 104, "deux hommes de théâtre" qui "ont conçu un projet à la hauteur des questions posées par l'art à la cité". Puis, rappelant les difficultés financières de la Ville de Paris, qui connaît "une baisse sans précédent de ses recettes en raison de l'effondrement du marché immobilier", il a indiqué qu'"il n'est pas envisageable d'augmenter les subventions aux établissements publics culturels", car "malheureusement la situation ne va pas s'améliorer en 2010".

    Ce constat financier masque néanmoins une forme de désaveu pour la gestion et l'organisation du lieu, dont la fréquentation était d'ailleurs loin d'être satisfaisante.

    APPEL À CANDIDATURES

    Le 104 accuse un déficit d'environ 700 000 euros, et "un nouveau budget à l'équilibre devra être présenté lors du prochain conseil d'administration, dans dix jours", a déclaré au "Monde" M. Girard. "L'identité du lieu est là, le lieu existe, il fait débat. Cantarella et Fisbach ont entendu ce que j'ai dit et, à l'unanimité, nous avons pris acte de leur décision de ne pas continuer. La séance a été très digne", ajoute-t-il.

    Dans quelques jours, la Ville de Paris va lancer un appel à candidatures pour la direction du 104. "On va se tourner vers des gestionnaires plutôt que vers des artistes", a précisé M. Girard.

    Reste à redéfinir le projet, tâche qui s'annonce délicate. "En toute rigueur, on ne peut mêler création et transmission qu'en se dotant d'un véritable arsenal d'actions concrètes sur le terrain (…) Pour y arriver, il faudra assumer que les artistes résident et travaillent plus longtemps dans ce lieu", a déclaré M. Girard, lors du conseil. Traduction, à l'issue de la séance : "Cantarella et Fisbach ont baptisé le lieu. Le 104 est sorti de la crèche, il rentre à l'école. Maintenant, il faut changer les professeurs."

    Clarisse Fabre

    Mon opinion :

    Ce lieu est super et le quartier de la rue d'Aubervilliers est en plein changement. La Mairie a eu raison de se battre pour préserver ce site et le réhabiliter. Maintenant, il faut réfléchir à son but et ses moyens.

    Je propose que l'on fasse de ce lieu un équipement de proximité, ouvert, et métissé. Il faut une programmation tournée vers les habitants de Paris XIX.
    Il faut que les habitants du XIX se l'approprient.